TVA location immobilière professionnelle en Belgique : option et conditions

TVA location immobilière professionnelle en Belgique : exonération par défaut, option depuis 2019, conditions cumulatives et taux de 21 % applicables.

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L'équipe Monsiegesocial

Publié le 9 octobre 20267 min de lecture
Sources officielles vérifiées
Façade vitrée d'un immeuble de bureaux moderne donné en location professionnelle

À retenir

  • La location d'un immeuble est exonérée de TVA par défaut en Belgique (article 44, § 3, 2°, du Code de la TVA).
  • Depuis le 1er janvier 2019, bailleur et locataire peuvent opter conjointement pour soumettre un bail professionnel à la TVA.
  • L'option ne vise que les bâtiments neufs ou lourdement rénovés, dont la TVA sur les travaux est devenue exigible à partir du 1er octobre 2018.
  • Le locataire doit être un assujetti à la TVA qui utilise le bien exclusivement pour son activité économique.
  • Une fois exercée, l'option s'applique pour toute la durée du bail et ne peut pas être retirée avant son terme.

Un bailleur qui loue un immeuble de bureaux neuf à une société assujettie à la TVA peut, depuis le 1er janvier 2019, choisir avec elle de facturer la TVA sur ce loyer plutôt que de rester dans le régime d'exonération classique. Ce choix, la TVA sur la location immobilière professionnelle, change la donne pour le bailleur : il peut récupérer la TVA payée sur la construction ou la rénovation du bâtiment, ce que l'exonération lui interdit normalement. Ce guide détaille le principe d'exonération, les conditions cumulatives de l'option, les exceptions qui y échappent (entrepôts, baux courts) et les conséquences sur la durée de révision de la TVA déduite.

Le principe : la location immobilière professionnelle exonérée de TVA par défaut

En droit belge, la location d'un bien immeuble est en principe une opération exonérée de TVA (article 44, § 3, 2°, du Code de la TVA). Concrètement, le bailleur ne facture pas de TVA sur le loyer, mais il ne peut pas non plus récupérer la TVA qu'il a payée sur l'achat, la construction ou la rénovation du bien loué. Cette exonération vaut aussi bien pour un bailleur particulier que pour une société qui loue des bureaux ou un atelier à une autre entreprise.

Cette règle d'exonération pèse historiquement sur les sociétés qui construisent pour louer : la TVA sur leurs coûts de construction reste définitivement perdue, un désavantage par rapport à une entreprise qui achète directement un bâtiment pour y exercer une activité taxée.

L'option pour la TVA sur un bail professionnel depuis 2019

La loi du 14 octobre 2018 a introduit, à l'article 44, § 3, 2°, d), du Code de la TVA, un régime d'option conjointe entre bailleur et locataire pour soumettre un bail professionnel à la TVA. Entré en vigueur le 1er janvier 2019, ce régime permet au bailleur de facturer la TVA sur le loyer et, en contrepartie, de récupérer la TVA sur ses frais de construction, d'acquisition ou de rénovation du bâtiment.

Régime d'exonération (par défaut)Régime optionnel (depuis 2019)
TVA facturée sur le loyer
TVA récupérable par le bailleur sur les travaux
TVA déductible par le locataire assujetti
Accord explicite entre bailleur et locataire requis
Durée de révision de la TVA déduite15 ans (bien d'investissement classique)25 ans
Comparaison entre l'exonération par défaut et le régime optionnel de TVA sur un bail professionnel.

Le choix n'est pas anodin : une fois l'option exercée, elle s'applique pour toute la durée du contrat de bail et ne peut pas être retirée avant son terme, même si l'intérêt économique de l'opération évolue entre-temps.

Les conditions cumulatives pour exercer l'option

L'option n'est pas ouverte à toutes les locations. Elle suppose la réunion de plusieurs conditions, vérifiées ensemble et non isolément.

Conditions cumulatives de l'option TVA

  • Bâtiment neuf ou lourdement rénové

    La TVA sur les travaux de construction ou de rénovation doit être devenue exigible pour la première fois à partir du 1er octobre 2018. Une rénovation est considérée comme lourde lorsque son coût hors TVA atteint au moins 60 % de la valeur du bâtiment terminé.

  • Bâtiment situé en Belgique

    Un terrain non bâti loué seul n'entre pas dans le champ de l'option.

  • Locataire assujetti à la TVA

    Le preneur doit être identifié à la TVA (article 4 du Code de la TVA), qu'il bénéficie ou non d'un droit à déduction complet.

  • Usage exclusivement professionnel

    Le locataire doit affecter le bien exclusivement à son activité économique, à l'exclusion de tout usage privé ou résidentiel.

  • Accord conjoint explicite

    Bailleur et locataire doivent opter ensemble, par une mention expresse reprise dans le contrat de bail lui-même.

Entrepôts et baux de courte durée : les exceptions à l'option

Deux situations suivent une logique différente de celle de l'option de 2019 et restent soumises à la TVA indépendamment de la date de construction du bâtiment.

La mise à disposition d'un emplacement pour l'entreposage de biens entre assujettis est soumise à la TVA de manière automatique, sans qu'un accord d'option conjoint ne soit nécessaire : cette règle existait déjà avant la réforme de 2019 et continue de s'appliquer selon ses propres conditions, distinctes de celles de l'option pour les bâtiments neufs ou rénovés.

De même, la location de courte durée, c'est-à-dire la mise à disposition d'un bien immeuble pour une durée ne dépassant pas six mois par un bailleur qui agit dans le cadre de son activité économique, échappe elle aussi à l'exonération de principe, qu'il s'agisse ou non d'un bâtiment neuf.

Taux, durée de l'option et révision de la TVA déduite

Lorsque l'option est exercée, le loyer est soumis au taux normal de TVA, actuellement de 21 %. Le bailleur peut alors déduire la TVA grevant ses coûts de construction, d'acquisition ou de rénovation, et le locataire assujetti peut à son tour déduire la TVA qu'il supporte sur le loyer, dans la mesure de son propre droit à déduction. Avant de signer un bail reprenant une mention d'option, vérifier ces conditions avec un comptable ou s'appuyer sur les services d'accompagnement fiscal de Monsiegesocial évite une requalification ultérieure du contrat.

1er janv. 2019

entrée en vigueur

Loi du 14 octobre 2018, option TVA sur bail professionnel

1er oct. 2018

date charnière

TVA sur travaux exigible à partir de cette date pour entrer dans l'option

21 %

taux applicable

Taux normal de TVA sur le loyer soumis à l'option

25 ans

durée de révision

Contre 15 ans pour un bien d'investissement immobilier classique

Cette durée de révision prolongée est fixée par l'article 48, § 2, du Code de la TVA tel que modifié par la loi du 14 octobre 2018. L'arrêté royal du 12 mai 2019, qui modifie les arrêtés royaux n° 3 et n° 14 relatifs à la TVA, en fixe le point de départ au 1er janvier de l'année de mise en service du bâtiment. Si l'affectation du bien change en cours de période (le bail prend fin et le bâtiment retrouve un usage exonéré, par exemple), la TVA déduite par le bailleur peut faire l'objet d'une révision proportionnelle au nombre d'années restantes.

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Pour aller plus loin

Questions fréquentes

La location d'un local professionnel est-elle soumise à la TVA en Belgique ?

Non, par défaut. L'article 44, § 3, 2°, du Code de la TVA exonère la location d'un bien immeuble. Depuis le 1er janvier 2019, bailleur et locataire peuvent toutefois opter conjointement pour soumettre un bail professionnel à la TVA, sous conditions cumulatives.

Quelles sont les conditions pour opter pour la TVA sur un bail professionnel ?

Le bâtiment doit être neuf ou avoir fait l'objet d'une rénovation lourde dont la TVA sur les travaux est devenue exigible à partir du 1er octobre 2018, le locataire doit être un assujetti à la TVA qui utilise le bien exclusivement pour son activité économique, et bailleur et locataire doivent opter ensemble par une mention expresse dans le bail.

Quel taux de TVA s'applique sur un loyer professionnel soumis à l'option ?

Le taux normal de 21 % s'applique sur le loyer lorsque l'option pour la TVA est exercée, conformément au régime instauré par la loi du 14 octobre 2018.

Peut-on renoncer à l'option TVA en cours de bail ?

Non. Une fois actée dans le contrat de bail, l'option s'applique pour toute la durée du contrat et ne peut pas être retirée avant son terme. Seule la fin du bail permet aux parties de reconsidérer leur choix pour un nouveau contrat.

La location d'un espace d'entreposage suit-elle les mêmes règles que l'option de 2019 ?

Non. La mise à disposition d'un emplacement d'entreposage entre assujettis est soumise à la TVA de manière automatique, indépendamment de la date de construction du bâtiment et sans accord d'option conjoint, selon des conditions propres à cette catégorie.

Quelle est la durée de révision de la TVA déduite sur un bâtiment loué avec option ?

Elle est de 25 ans, contre 15 ans pour un bien d'investissement immobilier classique, en vertu de l'article 48, § 2, du Code de la TVA tel que modifié par la loi du 14 octobre 2018. L'arrêté royal du 12 mai 2019 fixe le point de départ de ce délai au 1er janvier de l'année de mise en service du bâtiment.

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