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Impôt des sociétés en Belgique : taux, calcul et taux réduit PME

Impôt des sociétés en Belgique : taux normal 25 %, taux réduit PME à 20 %, base imposable et acomptes trimestriels expliqués pour votre SRL ou SA.

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L'équipe Monsiegesocial

Publié le 19 juin 20269 min de lecture
Sources officielles vérifiées
Comptable utilisant une calculatrice et signant des documents fiscaux, bureau professionnel

À retenir

  • Le taux normal de l'impôt des sociétés (ISoc) est de 25 % sur la totalité du bénéfice imposable.
  • Les petites sociétés bénéficient d'un taux réduit de 20 % sur les premiers 100.000 euros de bénéfice.
  • Depuis l'exercice d'imposition 2026, la rémunération minimale d'un dirigeant doit atteindre 50.000 euros bruts pour ouvrir droit au taux réduit.
  • Des acomptes trimestriels sont obligatoires : leur insuffisance entraîne une majoration de 6,75 %.
  • La base imposable part du résultat comptable, corrigé par les dépenses non admises et les déductions fiscales.

L'impôt des sociétés (ISoc) frappe les bénéfices des sociétés résidentes belges : SRL, SA, SC et la plupart des autres formes juridiques dotées de la personnalité morale. Depuis l'exercice d'imposition 2021 (revenus 2020), le taux normal est de 25 %, et un taux réduit de 20 % s'applique sur les premiers 100.000 euros pour les petites sociétés qui satisfont à certaines conditions. Ce guide passe en revue les taux, les critères d'accès au taux réduit, la construction de la base imposable et le mécanisme des acomptes trimestriels.

Les taux de l'impôt des sociétés en Belgique

L'ISoc comporte deux taux, applicables selon la taille de la société et le respect de conditions précises.

25 %

taux normal

sur la totalité du bénéfice imposable

20 %

taux réduit PME

sur les premiers 100.000 € de bénéfice

100.000 €

seuil de la tranche réduite

au-delà : 25 % sur le surplus

Le taux réduit ne s'applique pas automatiquement à toutes les petites sociétés. La société doit satisfaire à un ensemble de conditions légales cumulatives, définies aux articles 215 et suivants du Code des impôts sur les revenus 1992 (CIR 92). Lorsqu'une seule condition fait défaut, c'est le taux de 25 % qui s'applique sur la totalité du bénéfice.

Taux réduit de 20 % : qui peut en bénéficier

La première condition est d'être une petite société au sens de l'article 1:24 du Code des sociétés et des associations (CSA). Une société est petite si elle ne dépasse pas plus d'un des trois critères suivants, évalués sur deux exercices consécutifs :

Critères de petite société (art. 1:24 CSA)

  • Chiffre d'affaires annuel hors TVA inférieur à 11,25 millions d'euros

  • Total du bilan inférieur à 6 millions d'euros

  • Nombre moyen de travailleurs inférieur à 50 en équivalent temps plein

La grande majorité des SRL et SA nouvellement créées satisfont d'emblée à ces critères. Être une petite société est nécessaire mais pas suffisant : d'autres conditions s'ajoutent.

Les principales exclusions du taux réduit visent les sociétés d'investissement, de trésorerie et financières, ainsi que les sociétés dont les actions sont détenues en majorité par une autre société plutôt que par des personnes physiques. Ces exclusions sont vérifiées exercice par exercice.

La condition de rémunération du dirigeant

La condition la plus couramment non remplie est celle de la rémunération minimale du dirigeant. La société doit attribuer à au moins un de ses dirigeants une rémunération brute annuelle d'au moins 50.000 euros (depuis l'exercice d'imposition 2026, contre 45.000 euros auparavant).

Cette rémunération minimale s'apprécie de façon individuelle : la somme des rémunérations de plusieurs dirigeants ne peut pas se substituer à la condition d'un seul dirigeant atteignant le seuil.

Depuis l'exercice d'imposition 2026, une règle complémentaire s'applique : les avantages de toute nature forfaitaires (voiture de société, logement mis à disposition, options sur actions évaluées forfaitairement) ne peuvent pas dépasser 20 % de l'enveloppe globale de rémunération du dirigeant concerné.

Si la rémunération du dirigeant reste inférieure au seuil alors que le bénéfice de la société le dépasse, la société perd le taux réduit sur l'ensemble de son bénéfice et se voit en outre appliquer une cotisation distincte non déductible sur le déficit de rémunération. L'impact financier est donc double.

Construire la base imposable : du résultat comptable au bénéfice fiscal

L'ISoc ne frappe pas le résultat comptable brut tel qu'il ressort des comptes annuels. La base imposable s'obtient après une série d'ajustements fiscaux.

Description
Point de départRésultat comptable avant impôts
+ Dépenses non admises (DNA)Charges comptabilisées mais non déductibles fiscalement (amendes, frais de réception à 50 %, dépenses privées...)
+ Avantages anormaux ou bénévolesAvantages accordés sans contrepartie à des tiers liés
- Revenus définitivement taxés (RDT)95 % des dividendes reçus de filiales qualifiées
- Déduction pour investissement (DPI)Sur certains actifs professionnels acquis pendant l'exercice
- Pertes fiscales antérieuresPertes des exercices précédents reportées en avant
= Bénéfice imposableBase sur laquelle l'ISoc est calculé au taux applicable
Schéma simplifié ; la liste des ajustements est plus exhaustive dans la déclaration ISoc (Biztax).

Les dépenses non admises (DNA) constituent l'ajustement le plus fréquent en pratique. Elles regroupent toutes les charges qui ont réduit le résultat comptable mais que la loi fiscale refuse de considérer comme déductibles : amendes et pénalités fiscales, une fraction des frais de restaurant, les frais sans lien avec l'activité professionnelle, ou encore les intérêts sur certains prêts entre sociétés liées à taux anormal.

La déduction pour revenus définitivement taxés (RDT) permet d'éviter la double imposition économique sur les dividendes distribués par une filiale : si la filiale a déjà payé l'ISoc sur son bénéfice, la société-mère peut déduire 95 % des dividendes reçus de sa propre base imposable.

Les acomptes trimestriels : éviter la majoration de 6,75 %

Toute société belge est en principe tenue de verser des acomptes trimestriels sur l'ISoc qu'elle prévoit de devoir. L'absence ou l'insuffisance d'acomptes entraîne une majoration de 6,75 % calculée sur le montant de l'ISoc dû pour l'exercice. Cette majoration est elle-même une dépense non admise, ce qui en amplifie l'impact réel.

Pour l'exercice d'imposition 2027 (revenus de l'année 2026), les quatre échéances sont :

  1. 1

    Premier versement anticipé

    10 avril 2026

    Bonification de 9 % du montant versé, qui vient en déduction de la majoration potentielle.

  2. 2

    Deuxième versement anticipé

    10 juillet 2026

    Bonification de 7,50 % du montant versé.

  3. 3

    Troisième versement anticipé

    12 octobre 2026

    Bonification de 6 % du montant versé.

  4. 4

    Quatrième versement anticipé

    21 décembre 2026

    Bonification de 4,50 % du montant versé. Dernier acompte de l'exercice.

Le système fonctionne par compensation : les bonifications générées par les versements viennent annuler la majoration théorique de 6,75 %. Une société qui verse des acomptes suffisamment tôt et en quantité adéquate ne subit aucune majoration.

Les sociétés nouvellement créées sont exemptées de la majoration pendant leurs trois premiers exercices comptables : elles peuvent attendre la liquidation de l'impôt sans subir de pénalité, ce qui offre une souplesse bienvenue en phase de démarrage.

Les acomptes se paient via MyMinfin ou par virement au compte de collecte du SPF Finances, avec communication structurée. Des informations actualisées sur les montants et les délais sont disponibles sur finances.belgium.be.

Calcul pratique : taux normal contre taux réduit

Prenons une SRL dont le bénéfice imposable pour l'exercice s'établit à 120.000 euros. Elle remplit toutes les conditions pour le taux réduit. Voici la différence :

Taux normal (25 %)Taux réduit PME
Tranche 0 à 100.000 €25 000 €20 000 €
Tranche 100.001 à 120.000 €5 000 €5 000 €
ISoc total30 000 €25 000 €
Économie réalisée5 000 €
Calcul illustratif pour un bénéfice imposable de 120.000 €, avant précomptes et autres cotisations.

L'économie maximale est de 5.000 euros par exercice (5 % sur 100.000 euros). Elle reste constante quel que soit le bénéfice au-delà de 100.000 euros, puisque la tranche supérieure est toujours taxée à 25 %.

Pour bénéficier de cette économie, la rémunération brute du dirigeant doit atteindre 50.000 euros. Si vous envisagez de créer une SRL en Belgique, intégrer ce paramètre dans votre plan de rémunération dès la constitution évite de devoir ajuster la structure en cours d'exercice.

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Pour aller plus loin

Comprendre l'ISoc est indissociable des autres obligations fiscales d'une société belge :

Questions fréquentes

Quel est le taux de l'impôt des sociétés en Belgique en 2026 ?

Le taux normal de l'impôt des sociétés (ISoc) est de 25 % sur la totalité du bénéfice imposable. Les petites sociétés qui remplissent les conditions légales bénéficient d'un taux réduit de 20 % sur la première tranche de 100.000 euros de bénéfice, le surplus restant taxé à 25 %.

Quelles sont les conditions pour bénéficier du taux réduit de 20 % à l'ISoc ?

La société doit être une petite société au sens de l'art. 1:24 du Code des sociétés et des associations. Elle doit verser à au moins un de ses dirigeants une rémunération brute d'au moins 50.000 euros par an (depuis l'exercice d'imposition 2026). Les avantages de toute nature forfaitaires ne peuvent pas dépasser 20 % de cette enveloppe de rémunération. Des exclusions s'appliquent aux sociétés d'investissement et de trésorerie.

Comment calculer la base imposable de l'impôt des sociétés ?

La base imposable part du résultat comptable de la société. On y ajoute les dépenses non admises (DNA), c'est-à-dire les charges comptabilisées qui ne sont pas fiscalement déductibles. On y soustrait ensuite les éléments exonérés ou déduits (revenus définitivement taxés, déduction pour investissement, pertes fiscales reportées). Le résultat est le bénéfice imposable sur lequel l'ISoc est calculé.

Quand faut-il payer les acomptes ISoc en Belgique ?

Pour l'exercice d'imposition 2027 (revenus de l'année 2026), les quatre acomptes trimestriels sont dus les 10 avril, 10 juillet, 12 octobre et 21 décembre 2026. Des acomptes suffisants permettent d'éviter la majoration de 6,75 % sur le montant de l'ISoc dû.

Que se passe-t-il si les acomptes ISoc sont insuffisants ?

Une société qui ne verse pas suffisamment d'acomptes subit une majoration de 6,75 % calculée sur le montant de l'ISoc dû. Cette majoration est elle-même une dépense non admise (DNA). Les sociétés nouvellement créées sont dispensées de cette majoration pendant leurs trois premiers exercices comptables.

La SRL sans capital minimum doit-elle quand même payer l'ISoc ?

Oui. L'absence de capital minimum légal dans la SRL depuis la réforme du Code des sociétés et des associations ne modifie pas l'assujettissement à l'impôt des sociétés. Toute société résidente belge, quelle que soit sa forme juridique (SRL, SA, SC...), est soumise à l'ISoc dès qu'elle réalise un bénéfice imposable.

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